
Hier, je me suis transformé en ton grand père. En même temps tout était dans le titre: on partait en “retraite d’écriture”. En gros, je suis allé me terrer dans une maison sans internet, sans téléphone, et sans bar à moins de 8km (je compte pas le bar-buraliste-marchand de journeaux du village) avec le co-scénariste de ce que nous sommes persuadés de voir devenir ton prochain film préfèré de tous les temps (on aime bien les challenges). La maison, une superbe bâtisse de la côte normande prêtée par la bonne-maman de Julien, est l’endroit rêvé pour s’isoler, réfléchir et ecrire: preuve en est l’avancement fait en à peine deux jours.
Le problème, c’est que le calme, la verdure et l’air frais, ça vous transforme un homme: remise à l’heure express des horloges biologiques. Depuis mon arrivée, je ne me couche pas après 23h30, et mes yeux s’ouvrent tout seuls (pop!) à 8h30 du matin. Je mange à heure fixe, et je deviens grognon si un élan créatif nous empêche de nous mettre à table avant 14h30. Le soir, le sommeil me prend juste après le dîner, vers 19h45, et je me fais une petite infusion au tilleul pour tenir. Mon idée fixe des dernières 36 heures était de faire un saut à la ville la plus proche pour tirer du liquide (pas de distributeur à moins de 8km) et acheter des herbes de provence pour la ratatouille que j’ai cuisiné hier soir…
Elle était très bonne la ratatouille.
C’est donc avec un bonheur incroyable que j’ai aujourd’hui reçu ma carte vermeille, une offre pour la carte senior de la sncf, les premiers versements de ma retraite, et une pub pour Grand Optical: il paraîtrait que j’ai 75% de réduction sur mes montures!
C’est bon d’être vieux…
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